Après les refus de deux copropriétés de la rue des Ursulines d’implanter des antennes relais 5 G , signifiés au même opérateur, Orange, sur leurs bâtiments et cela malgré les revenus financiers afférents, un autre opérateur de téléphonie mobile, Bouygues Telecom, via une structure intermédiaire, a choisi lui de s’implanter sur le patrimoine d’un bailleur social I3F, rue Emile Connoy, pariant sur le fait que les locataires n’ont pas leur mot à dire. Ils n’entendent pas se laisser faire.
Mobilisation des locataires de la villa Franklin, rue Emile Connoy.
Bouygues Telecom, lors des premiers déploiements de réseaux de téléphonie mobile avait déjà projeté, en 2007, de s’installer rue Emile Connoy en dissimulant ses intentions sous le nom passe-partout d’"installation technique". Une mobilisation des riverains l’avait contraint à renoncer, tout comme Orange.
L’autorisation de travaux sur le patrimoine d’I3F (dénommé administrativement certificat de non opposition à une déclaration préalable) a été signée le 29 septembre 2025 par Adrien Delacroix adjoint au maire sortant Mathieu Hanotin.
Les services avaient pourtant proposé d’y faire opposition en arguant de trois considérants (documents joints), mais ce courrier n’a jamais été signé, il aurait été pourtant le premier acte permettant de négocier avec la société intermédiaire a minima sur l’insertion paysagère du projet. Même pas !
S’additionnant à l’opposition de très nombreux riverains à l’implantation d’antennes 5 G, l’Architecte des Bâtiments de France (ABF), lui aussi, avait pourtant émis un avis défavorable au projet, « celui-ci étant de nature à porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur des monuments historiques ».
« L’immeuble concerné par le projet est situé dans le périmètre délimité des abords ou dans le champ de visibilité du ou des monuments historiques listés en annexe. Les articles L. 621-30, L. 621-32 et L. 632-2 du code du patrimoine sont applicables. » précisait leur avis.
L’immeuble se situant en toute proximité du Couvent des Ursulines, l’ABF indiquait qu’il « conviendrait de choisir un autre immeuble pour implanter les antennes relais ».
Outre cette question de préservation du patrimoine ignorée, de fortes inquiétudes existent compte-tenu de la présence de nombreux "sites sensibles" sur le secteur et cela en l’absence de toute étude sur les possibles effets sanitaires de la 5G. Ecole maternelle, PMI, crèche… Ils sont répertoriés et cartographiés dans cet article.
Plaine Commune, la ville de Saint-Denis ont des contacts étroits et réguliers avec les bailleurs présents sur le territoire, dont I3F. Ce dernier ira-t-il jusqu’à privilégier les rentrées financières – minimes –attendues de cette installation au détriment des riverains, du patrimoine dionysien, voire de son partenariat avec le territoire ?
Plaine Commune et la ville ont été interpellés, un rendez-vous a été demandé.
Plaine Commune et la ville feront-ils revenir à la raison I3F ?

