Article actualisé. Conférence de presse Jeudi 3 juillet 2025 à 18 heures avant le Conseil Municipal Salle des élu.es d’opposition, Mairie de Saint-Denis. Les petites manœuvres du maire mises en échec

, par Michel Ribay

Article actualisé le 2 juillet à 17H. Vous pouvez lire le communiqué des organisations politiques, collectifs citoyens et groupe d’élus en fin d’article ainsi que le recours déposé auprès du préfet.

A quelques heures d’une rencontre prévue en vue de l’élection municipale, Mathieu Hanotin refuse d’accorder le préau d’une école de la Plaine aux citoyens qui souhaitaient s’y réunir. C’est pourtant dans les écoles, premier lieu de formation à la citoyenneté, creuset de la République, que le débat démocratique s’est toujours mené. Une décision à rebours de l’histoire démocratique de notre pays et du droit. Tout un symbole.

Il faudra remercier Mathieu Hanotin de son triple refus. Au Nouveau Front Populaire de Saint-Denis, créé à quelques jours près il y a un an suite à la victoire de cette alliance aux législatives, et qui se réunit depuis quasiment chaque semaine. Aux citoyens du collectif « On s’en mêle », qui a recueilli plus de 400 signatures autour de son appel pour les municipales. Au groupe d’opposition Saint-Denis à gauche qui en a fait officiellement la demande, par l’entremise d’une de ses élu.e.s du conseil municipal, et dont le PCF en est la composante majoritaire.

Un triple affront, un triple mépris adressé aux adhérents, membres et militants des organisations politiques du NFP dionysien (LFI, PCF, NPA, des membres du groupe local d’EELV, des socialistes) aux citoyens, aux élus d’opposition.

Le remercier parce qu’il a donné, en creux, tout son sens à ce qui fut le fil rouge des trois tables rondes de la réunion du 26 juin : la démocratie.

Une réunion qui s’est donc tenue malgré la volonté du maire de faire obstacle à l’expression démocratique, libre et indépendante des Dionysiens. C’est donc pour lui un échec.

Il n’aura réussi que deux choses. La première de peu d’importance : rendre moins aisées les conditions matérielles des échanges de près de 130 personnes particulièrement motivées, la seconde : réaffirmer au grand jour son peu de respect pour la démocratie, ce qui ne nous surprend plus, mais nous réserve à chaque fois une nouvelle surprise, Mathieu Hanotin en variant à foison les modalités. Toujours plus fort, toujours plus haut. Son appétence pour le pouvoir, lui permet d’exceller dans ce domaine. En terme de mépris pour les citoyens, personne ne peut en effet lui disputer ici la plus haute marche du podium.

De grotesques arguties juridiques pour justifier l’injustifiable refus ont été avancées sur les réseaux par son ex-première adjointe, Katy Bontinck, – courage fuyons, Monsieur le Maire – !

Elles ne convaincront personne.

D’abord parce que d’un point de vue pratique, la présence d’un gardien, agent municipal, dans l’école envisagée, Casarès-Doisneau, levait toute interrogation quant à la responsabilité juridique de désordres potentiels totalement fantasmés par la municipalité. Au pire, la municipalité pouvait dépêcher sur les lieux, en un rien de temps, toutes sirènes hurlantes, sa brigade d’intervention rapide motorisée, si jamais un communiste, le couteau entre les dents, s’avisait de vouloir dévorer tout cru un enfant qui se serait attardé au centre de loisirs, ou pour prévenir le danger évident que la présence de nombreux citoyens ferait courir à l’équipement voire à tout le quartier.

Plus sérieusement parce que, d’un point de vue juridique, les éléments avancés par Katy Bontinck ne résistent pas en droit à l’analyse. Accuser le NFP dionysien d’usurpation du logo du Nouveau Front Populaire est tout aussi grotesque. Le Nouveau Front Populaire appartient à ceux qui s’en saisissent, portent son projet politique, son programme, sa dynamique. Faudrait-il que ceux qui s’en sont exclus volontairement soient ceux qui en délimitent les contours ?!

Il est vrai qu’en matière de logo, la conception de la municipalité ressort du droit de propriété. Seul l’achat fait foi, à l’exemple du logo EELV, aujourd’hui Les Ecologistes, la maison mère (PS) contrôlant la filiale, autorisant la constitution d’un groupe au sein du conseil municipal – avec un élu fantôme, Spencer Laidli, –, et que préside un fondé de pouvoir. Dans le même temps, le maire refuse à de nouveaux groupes constitués au sein du conseil de la commune nouvelle, suite à la fusion avec Pierrefitte, des locaux pour se réunir…

Ici, pour certains tout s’achète ou se vend. Une commune ? Pierrefitte. Un logo ? pourquoi pas. Une domiciliation ? au besoin.

Assumer le refus d’une salle d’une simple phrase aurait été plus honnête : « Vous êtes des opposants politiques, nous refusons en conséquence de vous attribuer une salle ». C’est en fait le motif que retiendront les Dionysiens.

Brutal, direct, mais illégal. Un membre du Nouveau Front Populaire le soulignait dans une mailing liste dionysienne : "Les motifs de refus du prêt d’une salle sont limitativement énumérés par l’article L.2144-3 du CGCT (code Général des Collectivités locales) précité et ne peuvent ainsi être motivés que par les nécessités de l’administration communale, du fonctionnement des services administratifs, et du maintien de l’ordre public.

Dès lors, tout refus justifié par un motif autre que ceux-ci est illégal (Conseil d’Etat, 21 mars 1979, n° 07117).

Une réponse du Ministère de l’intérieur et des outre-mer publiée le 02/02/2023 sur le site du Sénat suite à une question écrite concernant le "Refus de la mise à disposition d’un local appartenant à la commune pour des motifs ouvertement politiques » est très claire.

La demande faite au nom du groupe Saint-Denis à gauche, de surcroit par une élue issue du groupe constituée au sein du conseil municipal, Sofia Boutrih, et notoirement connue comme cheffe de file du PCF pour les municipales, ne pouvait donc être rejetée.

Tout est dit.

PS : Suite au refus de salle un recours auprès du préfet a été déposé. On peut en lire le contenu ci-dessous. Le Blog de Saint-Denis rendra compte très prochainement de la teneur des débats.

Communiqué.

Les manœuvres autocratiques de M. Hanotin ne musèleront pas les aspirations démocratiques à Saint-Denis}

Par : Comité Nouveau Front Populaire Saint-Denis ; Collectif Citoyen « On s’en Mêle » ; Groupes des élu.es d’opposition – Saint-Denis à Gauche, Ensemble pour une Alternative Citoyenne, Communistes, Insoumis et Citoyens ; Organisations- LFI, NPA, PCF, Rassemblés pour Changer Pierrefitte, Seine-Saint-Denis au Cœur.

Dans le cadre de la préparation des municipales 2026, le Comité NFP de Saint-Denis et le Collectif « On s’en mêle » (400 signataires d’un appel citoyen à constituer une liste unitaire réellement de gauche), avaient décidé d’organiser le 26 juin 2025, une réunion publique sur le thème central de la démocratie. A partir du constat que celle-ci est trop souvent bafouée tant au niveau national que local, nous avons souhaité débattre avec les habitantes et habitants des pratiques de « faire ensemble » dont nous avons besoin et de comment les faire vivre avant et après les élections. L’organisation de cette réunion a de fait illustré, l’urgence et l’actualité de cette question à Saint-Denis.

En effet, depuis les débuts du NFP dionysien (juillet 2024), la mairie refuse de lui accorder la moindre salle de réunion ; c’est Sofia Boutrih, élue du groupe d’opposition Saint-Denis à gauche et du PCF participant au NFP, qui avait demandé et obtenu le préau de l’école Casarès, à La Plaine. Mais la municipalité a subitement retiré son autorisation. Mme Bontinck, maire adjointe, a répondu à Sofia Boutrih, qui dénonçait cette entrave au débat démocratique, avec beaucoup de virulence et une condescendance méprisante. Ses propos ont été d’une arrogance insultante vis-à-vis du NFP appelé « comité autoproclamé » : « les vrais organisateurs de la réunion se planquent et utilisent des logos ». Or

Les membres du NFP et les signataires de l’appel « On s’en mêle » sont simplement des habitant.es encarté.es ou non qui combattent les pratiques de l’équipe municipale en place et souhaitent un changement d’orientation de la politique poursuivie ; ceci au bénéfice de tous.tes les habitant.es dans leur diversité sociale et culturelle.

A neuf mois des élections, les attaques méprisantes contre les personnes se répètent : il y a quelques semaines, c’est Bally Bagayoko (LFI) qui était visé par des propos insultants de M. Hanotin, ainsi que le conseiller d’opposition Bakary Soukouna (Seine Saint-Denis au cœur) à qui le micro a été coupé pendant son intervention au conseil municipal. Tandis que l’élu Yoan Sales de Pierrefitte était tancé sur sa tenue vestimentaire !

Les pratiques anti-démocratiques de l’actuelle municipalité ne nous empêcheront pas de poursuivre le débat avec les habitant.es de notre ville. C’est ce que nous avons fait jeudi 26 juin 2025 avec les 130 participant.es à notre initiative, dans un lieu privé que nous avons trouvé en dernière minute, après le refus de salle qui nous a été opposé. Nous sommes déterminé.es à construire dans l’unité, en respectant les différences et en renforçant les pratiques démocratiques, une alternative de rupture avec la politique menée localement par M. Hanotin et au niveau national par les gouvernements du président Macron. C’est pour cela que nous militons pour l’unité des organisations politiques et citoyen.nes, des habitant.es prêts à élaborer et mettre en œuvre cette alternative.
M Hanotin a voulu, sans consultations des populations, faire de Saint-Denis, avec Pierrefitte, la première ville d’Ile de France après Paris ; en fera-t-il une ville sans respect de la démocratie ?

Nous vous invitons à une conférence de presse pour faire le point sur cette situation particulière : Jeudi 3 juillet 2025 à 18h, Mairie de Saint-Denis, salle des élu.es d’opposition.

Recours auprès du préfet de la Seine-Saint-Denis

Monsieur le Préfet,
Nous nous permettons de vous solliciter au sujet d’une déclaration de manifestation sur la voie publique déposée le 24 juin à 19h52 par Madame Adjera LAKEHAL.
Cette déclaration concerne l’organisation d’une réunion publique citoyenne sur le thème de la démocratie, portée par le collectif On s’en mêle et le Nouveau Front Populaire local, avec le soutien du groupe des élu·e·s « Saint-Denis à gauche », auquel j’appartiens.
Initialement, cette réunion devait se tenir dans le préau d’une école, pour lequel une autorisation nous avait été accordée. Toutefois, le maire a pris la décision unilatérale d’annuler cette réservation à la dernière minute, sans justification claire.
Face à cette annulation, nous avons collectivement décidé de maintenir la réunion sous une autre forme, en l’organisant aux abords immédiats de l’école. Cet espace, accessible et aménagé, permet d’accueillir un rassemblement pacifique propice à l’échange et à la réflexion collective sur les enjeux démocratiques.
Nous sommes pleinement conscientes du caractère tardif de cette déclaration, qui résulte exclusivement de la décision de la municipalité. Malgré nos démarches pour faire revenir le maire sur cette position, nos tentatives sont restées infructueuses. Nous constatons par ailleurs une volonté croissante de restreindre les libertés associatives et les possibilités de rassemblement citoyen à l’approche des élections municipales.
Aussi, nous vous adressons cette demande afin d’obtenir une autorisation exceptionnelle, dans le cadre d’un recours gracieux, pour que cette réunion citoyenne en extérieur puisse se tenir sereinement et légalement.
Il ne s’agit nullement d’une manifestation de nature à troubler l’ordre public, mais d’un exercice légitime de notre droit à nous réunir et à débattre publiquement, dans le respect du cadre légal.
Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de nos salutations respectueuses
Adjera LAKEHAL, Cathy BILLARD et Françoise DAVISSE (Co-organisatrices de l’évènement)
et
Sofia BOUTRIH
Conseillère municipale "Saint-Denis à Gauche"
Conseillère territoriale "Plaine Commune en Commun"