Article actualisé. Le député Stéphane Peu alerte par courrier la direction d’Immobilière 3F. Antennes relais 5G, villa Franklin, rue Emile Connoy. La mobilisation des habitants et le soutien de la municipalité contraignent Bouygues Telecom à suspendre les travaux d’installation

, par La Rédac’

Le maire, Bally Bagayoko, s’était rendu villa Franklin, jeudi dernier, à la rencontre des habitants pour leur manifester son soutien. Ces derniers avaient rendez-vous avec l’adjointe en charge du dossier, Sophie Rigard, vendredi 22 mai à 18H et c’est en manifestation qu’ils sont partis de la villa Franklin pour l’hôtel de ville.

La mobilisation contre un bouquet d’antennes 5G sur le patrimoine du bailleur I3F à la villa Franklin, rue Emile Connoy, ne faiblit pas. Après les grilles d’entrée de la résidence, les fenêtres des appartements sur lesquelles se multiplient guirlandes de tissus et banderoles fluo, les locataires s’étaient donnés rendez-vous vendredi 22 mai à 17h30 au pied de la résidence pour se rendre en mairie.

La municipalité actuelle hérite de ce dossier que nous avions qualifié dans un précédent article de « mal emmanchés ». Un sujet parfaitement emblématique d’une manière d’agir où clients des opérateurs, locataires du logement social, riverains et plus généralement les habitants sont traités comme quantité négligeable.

Un opérateur de téléphonie mobile a pourtant des comptes à rendre à ses clients. Une mauvaise réception, des problèmes de couverture, des interruptions de service, un projet. Rien ne lui interdit d’organiser une réunion d’information. De ce côté là rien n’a été entrepris.

Un bailleur entend louer une partie de son patrimoine, (rappelons que ce dernier s’est constitué par les recettes des loyers de ses locataires) pour installer les toitures un bouquet d’antennes relais de dernière génération ? Cela sans même en informer et concerter ses locataires ? C’est ainsi que I3F a procédé.

Les maires ont un rôle en matière d’urbanisme et d’exposition du public aux ondes électromagnétiques. La municipalité sortante, censée faire valoir ses prérogatives, les a traitées à la légère, négligées pour certaines, ignorés pour d’autres.

Voilà des manières de faire ou plutôt de ne rien faire, qui témoignent d’un manque de respect voire d’un mépris à l’égard de ceux dont on pense, à tort, qu’ils n’ont pas leur mot à dire.

Irrespect des clients, des locataires, des riverains, traitement cavalier des administrés. Ça fait beaucoup.

C’était sans compter sur la mobilisation – dans laquelle les femmes sont particulièrement actives – des locataires de la villa Franklin. Celle-ci a été précédée de celle des habitants et riverains de la rue des Ursulines qui ,à trois reprises depuis 2007, ont mis en échec les opérateurs.

Vendredi 22 mai, 18h. Devant l’hôtel de ville, des locataires de la villa Franklin avant d’être reçus en mairie.

Les opérateurs ont un succès à mettre à leur crédit : la jonction entre ceux qui se sont mobilisés ces dernières années et la mobilisation actuelle. Un front élargi en quelque sorte qui favorise les rencontres, les rapprochements et nourrit une boucle WhatsApp.

Un front élargi qui devrait se retrouver à la même table que les opérateurs lors d’une rencontre à venir réunissant à la demande de l’élue en charge tous les acteurs, l’opérateur Bouygues, le bailleur I3F, les locataires et riverains, la municipalité.

Une réunion publique, c’est en quelque sorte par là qu‘il aurait fallu commencer, preuve, s’il en fallait, d’un dossier « mal emmanché ».

Bouygues Telecom a annoncé à l’élue en charge du dossier vendredi 22 mai au soir la suspension des travaux, la formalisation par écrit de cette décision doit suivre.

L’opérateur souhaite-t-il trouver une alternative ?

Un compromis ? Mais sur quelle base ? Pas sûr que les locataires, habitants, riverains ou usagers d’équipements de la petite enfance, scolaire ou sanitaire du secteur l’entendent ainsi après avoir contraint Bouygues Telecom à un premier recul.

Du côté de la municipalité, ses contacts avec le bailleur, Immobilière 3F, très présent sur le territoire de Plaine Commune, – rien qu’à Saint-Denis il gère plus de 1000 logements –, constituent une carte majeure dans ce dossier.

A l’image de la mobilisation qui se renforce, les signatures de la pétition lancée " Contre le projet d’implantation d’antennes 5G au 1 Villa Franklin " continuent d’affluer.

Pour la signer c’est ici.

PS : Article actualisé le 27 mai à 16h45 avec la lettre du député Stéphane Peu.