De sièges en sièges. Après le département, Plaine Commune prépare son déménagement

, par Jacques Poulay

Installé face au stade de France dans l’immeuble le Mondial acquis par la communauté d’agglomération en 2013, l’Etablissement Public Territorial Plaine Commune envisage son déménagement. Mathieu Hanotin fait plancher sur le sujet la direction générale et un cabinet privé. En ligne de mire le nouvel immeuble de bureaux adossé à la tour Pleyel. Et sans aucun doute une nouvelle organisation du travail. Après la pointeuse introduite en 2021, le flex office et l’open space…

 Des réunions se sont tenues à Plaine Commune réunissant les « encadrants » afin de faire passer l’information et d’organiser des ateliers dans lesquels les agents auraient la possibilité d’exprimer ce qu’ils souhaitent dans le cadre d’un déménagement du siège.

Ils ont à cette occasion proposé plusieurs lieux qui répondent à des attentes de leur part.

Un restaurant d’entreprise de qualité, une caféteria, une salle de repos, un lieu de rencontre, un espace réservé aux femmes allaitantes leur permettant de tirer le lait maternel, une tisanerie font partie des propositions. L’intention de la direction étant que le personnel fasse des propositions, le tout pouvant être, au mieux, intégrer par le cabinet privé en charge de l’étude de faisabilité du déménagement.

Bien entendu, appeler à une sorte de brainstorming sur le thème « Qu’est ce qui vous ferait plaisir ? » offre l’avantage – transitoire, éphémère – de mettre à distance, de repousser le plus tard possible les questions qui fâchent.

Open space et flex office

En effet, les agents peuvent être légitimement inquiets tant on sait que chaque changement de cette importance dans une organisation – un déménagement – conduit à supprimer des bureaux individuels, à optimiser l’espace, à créer des plateaux sur le modèle de l’open-space (autrement dit espace de travail collectif) , d’y introduite une logique de flex-office (autrement dit l’absence de bureaux attitrés dans les locaux de l’entreprise), la montée en charge du télé-travail y contribuant.

Sauf que si beaucoup d’entreprises prennent en charge les coûts déportés du télétravail de l’entreprise au domicile du salarié (électricité, connexion internet, énergie) à Plaine Commune c’est niet. Télétravail ? Ok mais les coûts sont à assumer par le télé-travailleur salarié.

Concernant le flex-office, les consultants du cabinet privé en charge de l’étude ont convenu lors d’une réunion que le modèle du flex-office, s’il s’avère « pertinent » dans le privé ou adéquat avec certaines fonctions – commerciales ou autres – cette conception, cette organisation du travail, a peu de rapport avec les tâches d’un agent attaché à un territoire, à une mission publique. Il n’est pas sûr que cette constatation intellectuellement honnête ait été appréciée par ceux qui, en haut lieu, ont derrière la tête une idée bien précise des conséquences d’un déménagement.

Le tout est donc mené ici comme ailleurs, sans trop le claironner bien sûr, au nom de la rationalisation, de l’optimisation des coûts et avec des impacts connus, identifiés et sans surprise. Au détriment des conditions de travail des agents. Mais chut…

L’étude de faisabilité de ce déménagement est donc en cours. « On y travaille » est la formule magique qui permet de ne pas rentrer dans le détail et d’annoncer les décisions quand elles sont prises. Le sujet a été évoqué en conférence des maires. Pleyel semble la destination envisagée. L’immeuble Pulse et ses 28 000 m2 que va rejoindre le département est-il assez grand pour accueillir les deux collectivités ? Certains se posent la question.

Préparer le terrain et les esprits

« L’étude de faisabilité » a été précédée et accompagnée des propos de Mathieu Hanotin, préparant le terrain sur le thème « C’était une absurdité d’acheter ce siège », « Ça ne vaut plus rien »

Une rénovation du siège couterait cher, ça ne fait pas de doute, et dans une période où une importante vacance de bureaux vides existe, la négociation sur les prix à l’achat ou à la location semble favorable.

L’équation reste de toute façon difficile à résoudre aujourd’hui d’autant que les recettes sont à l’avenir incertaines ; l’existence même de Plaine Commune n’est pas assurée.
Les agents de Plaine Commune travaillant au siège ont donc largement de quoi s’interroger.

Ce 4 février, jour de conseil territorial, le sujet sera-t-il abordé lors des débats ? Rien ne semble avoir été prévu, même pas une note d’étape d’information.

Il est vrai que le dossier du conseil fait déjà 2924 pages. Les conseillers territoriaux l’ont eu reçu le 29 janvier en fin de journée dans leur boite mail.

Flex-démocratie ?