Expulsées le 15 mai dernier, les familles rroms réfugiées au 6B à nouveau menacées d’une expulsion. Signez la pétition de soutien. 3000 signataires c’est l’objectif à atteindre d’ici 48 heures.

, par La Rédac’

En dépit des nombreuses demandes restées très longtemps sans réponse pour une réunion afin de régler cette situation, Mathieu Hanotin a joué la montre et le pourrissement de la situation. Dans le même temps, le propriétaire du 6B, Plaine Commune Développement, que préside Stéphane Troussel, et dont Mathieu Hanotin est administrateur, préparait une assignation des familles au tribunal en vue d’une nouvelle expulsion. L’audience en référé est prévue le 17 juillet… la veille de la date enfin obtenue par les familles et l’association La voix des Rroms qui les accompagnent pour une rencontre en mairie.

On peut signer la pétition ici.

La situation des familles réfugiées sur le parking du 6B vient de connaître une nouvelle évolution ces dernières 24 heures. Et celle-ci ne peut que rajouter de l’angoisse pour la dizaine de familles et leurs enfants qui vivent sous tente depuis le 15 mai, jour de leur expulsion des bidonvilles à proximité du 6B.

Depuis le 15 mai, les familles ont bénéficié d’un mouvement de solidarité et d’entraide de nombreux dionysiens sous différentes formes. D’une attitude aussi de bienveillance, d’assistance élémentaire de résidents du 6B.

On ne peut en dire autant de la part de la municipalité qui n’a eu pour toute réponse à cette situation que l’envoi d’équipage de la police municipale soit pour de soi-disant troubles dont les familles n’étaient pas à l’origine ou pour rédiger des rapports déposées à l’appui de la requête de la SPL Plaine Commune Développement pour demander leur expulsion du parking.

Si la situation des familles n’était pas aussi précaire et douloureuse on pourrait rire de ce rapport de la Police municipale en date du 3 juin notant que « les occupants vivent dans des conditions précaires » et à qui la police municipale fait remarquer « qu’ils ne peuvent élire domicile sur un parking qui n’est en aucun cas adapté pour ce genre de pratique », ajoutant que les occupants « ont entrepris d’étendre leur lessive sur des barrières » et que « des objets en tout genre (balai, poussette, cafetière) sont laissés à l’abandon sur les espaces végétalisés » !

Les motifs évoqués en matière d’urgence prêtent aussi à rire : urgence de terminer le programme de la ZAC Alstom Confluence alors que le conseil municipal vient juste de valider jeudi dernier, le 11 juillet, un nouveau protocole avec le promoteur immobilier ; travaux du 6B pour lequel il n’y a pas le début d’un calendrier opérationnel, le tout justifiant une expulsion sans délai des familles et la demande d’une condamnation de chaque occupant à verser la somme de 300 euros à la SPL Plaine Commune Développement !

Rappelons tant à Mathieu Hanotin (à l’origine par deux arrêtés de l’expulsion du 15 mai) qu’à Stéphane Troussel, président du département, propriétaire d’un des terrains d’où les familles ont été expulsées que des décisions de justice les ont enjoints à « réexaminer la situation des familles » car leur expulsion « a porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit des requérants à leur protection contre un traitement inhumain et dégradant et à leur droit au respect à leur vie privée et familiale ».

Ils avaient, comme le précisait le tribunal, jusqu’au 22 mai pour le faire.

Depuis ? Manœuvres dilatoires, demande de réunion sans réponse, envisagée le 19 juin puis repoussée au 18 juillet. Réponse indigne de la part de la municipalité à la question écrite posée par le groupe d’opposition Saint-Denis à gauche le 6 juin dernier.
Et assignation au tribunal en référé délivrée aux familles le vendredi 12 juillet pour une audience le 17.

Demain c’est la fête nationale du 14 juillet. Elle sera célébrée dès ce soir au nom des valeurs de la République, Liberté, Égalité, Fraternité.

C’est au nom de ces valeurs, au nom de la République que le tribunal administratif à enjoint, dès le 17 mai, Mathieu Hanotin et Stéphane Troussel d’agir, de « réexaminer la situation des familles » et non de réitérer expulsion sur expulsion.

Respectez, Messieurs, les décisions de justice !