Mobilités en centre-ville. Le « retour » du 239. Des plans de la municipalité en 2021 démontrent une continuité possible entre la place Victor Hugo et la place Jean Jaurès tout en maintenant le passage des bus en cœur de ville. Alors allons-y, stop à l’entêtement du maire et de sa majorité !

, par Michel Ribay

Nous alertions en octobre 2021 sur le projet de rénovation du centre-ville sous le titre suivant « Rénovation du centre ville, Ilots Basilique, Place Jean Jaurès et avenir du marché. Un large débat public est indispensable. ». Force est de constater que le débat n’a pas eu lieu et que la municipalité tente d’imposer SA solution qui au lieu de construire pas à pas avec les citoyens une trajectoire vertueuse conciliant différents aspects – urbain, climatique, accessibilité et mobilités – dégrade un aspect essentiel de la quotidienneté : celui de l’accessibilité au cœur de ville, renforçant sa fracturation spatiale, aux détriments des plus fragiles. Une autre solution existe. Et on le prouve. Démonstration.

La manière de faire de la municipalité n’est pas acceptable et n’est pas acceptée. La réunion du 2 mars vient encore de le démontrer. La colère reste présente. Et il n’y a pas de raison qu’elle s’éteigne.

Le seul élément qui pourrait changer la donne serait que le maire et sa majorité reviennent à la raison et, – n’est-ce pas ce qu’on attend des élu.es ? –, tiennent compte des exigences formulées par la population.

Devant la colère qui s’amplifie, la municipalité semble esquisser un recul concernant la ligne 239. Esquisser car, restons prudents, Mathieu Hanotin a précisé que rien n’était encore stabilisé avec IDF Mobilités concernant un arrêt rue Lanne ou à la hauteur de la rue des Boucheries. Très bien, une fois le bus parvenu à cet endroit, ne pouvant faire demi-tour, il faudra bien qu’il puisse continuer sa route, et le plus simple est de revenir au trajet initial comme le « Collectif pour le maintien des bus en centre-ville » le demande et comme les Dionysiens et autres usagers en profitaient. Le petit aménagement réalisé ces dernières semaines en face du CMS Cygne empêchant sa giration (quelle précipitation, la place Jean Jaurès étant loin d’être achevée !) est un minuscule détail à régler.

Voilà pour le 239.

Concernant les deux autres lignes empruntant la rue Jean-Jaurès, la rue de la République et la rue Gabriel-Péri, réexaminons à la lumière des documents fournis par la municipalité ce qui serait possible.

A la proposition du « Collectif pour le maintien des bus en centre-ville » (le maintien de la rue Jean-Jaurès, la voie pompier – incontournable – élargie), la ville et souvent par la voix de la première adjointe oppose un argument : cela empêche d’avoir une continuité urbaine piétonne entre la place Victor-Hugo et la place Jean-Jaurès.

Certes et l’argument s’entend. Et se défend.

Une autre option a peut-être (?), sans doute (?) un instant (?), été envisagée (?) par la municipalité, ce que suggèrent les images qu’elle a elle-même produites au dernier trimestre 2021 et que nous avions reproduites et commentées dans notre article ici

Des images qui indiquent que la suppression d’une partie de la rue Jean-Jaurès (la portion comprise à la hauteur de l’agence de la Caisse d’épargne et se poursuivant le long de la mairie) permet la continuité urbaine entre les places Jean-Jaurès et Victor-Hugo.

Les bus ont dans ce cas tout loisir de circuler sur les voies tracées contournant la place Jean-Jaurès par l’Ouest pour rejoindre la rue de la République et Péri et poursuivre leur chemin habituel.

Le tracé noir venant de la rue Jean jaurès contourne la place Jean-Jaurès et rejoint la rue de la République.

Les voies contournant la place sont dessinées.

Cette option est aujourd’hui absente des images produites comme celle ci-dessous.

Et pour cause car le schéma viaire traité comme les images du dernier trimestre 2021 en attestent, l’emprise de girations des bus déplacée, les arrêts supprimés peuvent donc être restitués. L’argument « choc » de la municipalité (l’impossible continuité entre les deux places) ne tient plus.

Voudraient-ils utiliser l’argument entendu "des grands bus qui dégradent les voiries", à cette aune, il faudrait supprimer beaucoup de lignes de bus ! Argument rejeté.

Voudraient-ils expliquer que le passage de bus de grande capacité au droit des jolies terrasses dessinées sur les images le long de la place Jean-Jaurès (coté ouest) n’est pas très qualitatif. Ils avaient pourtant bien envisagé ce scénario, les images là aussi en témoignent.
Admettons, dont acte, mais le rôle des élu.es, d’un maire n’est-il pas de peser, y compris avec ses administré.e.s, auprès des opérateurs de transport pour du matériel moins "impactant" ?

Une piste ? Une idée ? Un service mis en place dans la ville de Quimper (63 000 habitants), ci-dessous. Et pourquoi pas une alternance de services de bus et de capacités différenciées, selon les heures, les jours n’est-elle pas aussi à réfléchir ? Pour ajuster au mieux la demande, les usages et les moyens en terme de services publics ?

Tout cela se travaille avec la population, les associations, se construit. On vous l’accorde, c’est bien plus long que de décider, à quelques uns, de supprimer un service public de transport. Là est tout le problème.

On attend d’un maire, d’une équipe, une vision et des moyens afférents qui ne dégradent pas la quotidienneté des habitants mais qui l’améliorent dans toutes ses dimensions et non pas une longue litanie au cours de laquelle celui-ci va jusqu’à faire, samedi matin, le détail de l’endroit où l’on enlève des bornes, de l’endroit d’où on les déplace, pour les remettre ici ou là ?

Des réunions publiques où les services ne sont d’ailleurs jamais présents, le maire entendant répondre à tous les détails…pourquoi ? Sinon pour noyer le poisson… Et le recours, très fréquents semble-t-il, à des prestataires extérieurs ne contribuent-ils pas à marginaliser les services détenteurs d’une partie de la mémoire de l’évolution de la ville, du territoire ?

Voilà où nous en sommes. Les images du dernier trimestre 2021 le démontrent, on peut avoir des bus, des arbres… et une continuité entre la place Jean-Jaurès et Victor-Hugo.

Monsieur le maire, mesdames et messieurs les élu.es, ressortez vite les esquisses, les services sauront dessiner les plans, ils savent faire !

Juste un peu de courage… et de confiance accordée, aux citoyens et aux agents publics (qui prennent aussi les bus) !

A défaut la colère encore exprimée à la réunion du 2 mars s’amplifiera.

PS : La défenseur des droits interpellée par le Collectif a saisi la municipalité. Le courrier est à télécharger ci-dessous.