6 ans d’Hanotin… janvier 2023 : Les parents ne sont pas un danger pour les enfants

, par Jacques

État des lieux de 6 ans de luttes des parents de Saint-Denis. En janvier 2023, à la rentrée des vacances de Noël, les parents découvrent qu’ils n’ont plus accès aux centres de loisirs...

6 ans d’Hanotin :
 printemps 2020, le temps des promesses
 automne 2020 : on veut nos cantines
 automne 2023 : Prox’aventure

 Contexte
Depuis toujours, à Saint-Denis, les parents viennent chercher leurs enfants dans les locaux de l’école. Ils se rendent jusqu’à la porte de leur niveau, font signe aux animateurs, échangent quelques mots, et repartent. Sur le chemin, dans les couloirs, à l’aller ou au retour, ils croisent la directrice de centre. Cela permet un échange informel entre parents et équipes, permet aux parents d’accéder à l’endroit où leur enfant est accueilli et d’entrevoir ce qui s’y passe. C’est un lien important pour tous, parents, enfants et animateurs.

 Décision des élus
Les élus décident de fermer l’accès des parents aux centres de loisir à la rentrée des vacances de Noël. Le prétexte : Vigipirate, en place depuis plusieurs décennies… L’accès des parents aux centres mettrait donc du jour au lendemain les enfants en danger.
En arrière-plan, ce sont d’autres préoccupations qui apparaissent.

  • Les PEDT (plan éducatif territorial) signés en 2015 et 2018 étaient volontaristes, avec en particulier des taux d’encadrement de 1 animateur pour 10 enfants en maternelle et 1 pour 14 en élémentaire. Le nouveau PEDT de 2022 les ramène au plancher, confirmé dans le rapport d’orientation budgétaire du 24/11/22 : 1 pour 14 en maternelle, 1 pour 18 en élémentaire. Alors même que Mme Temel vante une politique ambitieuse de la Ville dans ce domaine. Par ailleurs, la situation des absences non remplacées reste très mauvaise (problèmes de recrutement selon la Ville, qui se prolongeront tout le mandat), les parents commencent à se plaindre. Les empêcher d’accéder aux centres les empêche également de constater les conditions d’accueils de leurs enfants.
  • Une nouvelle offensive se profile sur les animateurs (mobilité forcée…), il est opportun de limiter les relations avec les parents.
Appliquer les taux d’encadrement nationaux, c’est-à-dire renoncer à ceux plus favorables jusqu’alors appliqués sur la ville

 mobilisation des parents
Le 2 janvier 2023, en revenant des vacances, les parents découvrent les portes des accueils de loisirs fermées. La fluidité fait place à un engorgement devant le centre : un animateur bloque l’entrée, un autre fait des allers et retours pour ramener les enfants. Non seulement les animateurs manquent (baisse du taux d’encadrement, absents non remplacés...), mais de plus certains d’entre eux ne peuvent plus s’occuper des enfants. Par ailleurs, les parents ne peuvent plus les rencontrer, ne peuvent plus voir à quoi s’occupaient leurs enfants à leur arrivée.
Le PEDT de 2015 consacrait un chapitre à « Reconnaître les familles comme acteurs éducatifs ». Les parents avaient disparu du PEDT de 2022. Et maintenant, il s’agissait de les exclure de l’accès aux centres...
Diverses écoles envoient des courriers à Mme Temel dès les premiers jours de la rentrée pour se plaindre de cette situation, un courrier signé par les représentants de parents de 37 écoles est envoyé dans la foulée.

 C’est une victoire… provisoire
Très rapidement, la Ville fait marche arrière. Officiellement, ce sont les directions des ADL qui ont mal compris la consigne. Les portes s’ouvrent à nouveau aux parents après une audience en mairie le 16/01/2023 des écoles signataires du courrier.
Mais l’offensive reprendra rapidement, silencieusement et centre par centre. Et aujourd’hui, de nombreux ADL sont à nouveau inaccessibles aux parents, sans qu’aucune consigne officielle n’ait été passée.

Courrier des parents du 12/01/23