6 ans d’Hanotin :
– printemps 2020, le temps des promesses
– automne 2020 : on veut nos cantines
– Contexte
La première priorité du maire, c’est la police, il ne le cache pas. Déjà de nombreux dérapages ont eu lieu, dont une fillette grièvement blessée le 6/02/22, sur laquelle Le Monde a fait un article. Des faits documentés par Streetpress le 17/04/23 et dont la liste n’a cessé de s’allonger depuis. L’article publié par Blast le 9/01 dernier souligne le décalage entre le budget de la police et celui d’écoles pourtant délabrées [1]. Le maire a fait le choix, en pleine vague de violences policières décomplexées et impunies, d’armer la police municipale (armes à feu, LBD, taser…), de la couvrir largement et de se ranger à ses côtés à chaque dérapage - et ils sont nombreux. Lorsque la Ligue des droits de l’Homme lui adresse une lettre ouverte inquiétante à ce sujet le 24/11/25, il répond indirectement (sur le même fil Facebook) par un soutien sans faille à sa police.
– La décision des élus
Pour faire la promotion de sa police, le maire veut s’y prendre jeune. Il s’associe à une association dirigée par un ancien commandant du RAID, Bruno Pommart.
Chouchou des médias, habitué des ministères, Bruno Pommart s’intéresse aux quartiers populaires. Son association Raid aventure s’illustre dans la "réinsertion" de détenus : en les emmenant crapahuter dans des milieux hostiles, il en fait des hommes, des vrais, ce qui nécessairement les transformera en bons citoyens soumis à la loi et l’ordre. La succursale Prox’aventure attaque le mal à la racine : les enfants des quartiers populaires, dont chacun sait qu’ils sont de futurs délinquants. Sous le cache-sexe de « sport et citoyenneté », l’ambition est affichée : habituer dès le plus jeune âge à se soumettre aux policiers (« menottage, palpation, techniques d’interpellation »…).
En partenariat avec l’Education nationale, la Ville organise donc des rencontres labellisées « sport et citoyenneté » entres les policiers municipaux et les enfants, sur temps scolaire. L’objectif est de généraliser le dispositif à toutes les écoles. Si des collèges l’avaient déjà tenté, c’est une première en élémentaire. Un gros coup pour Bruno Pommart. Et ballon d’essai à Langevin, Sorano et Balzac, du CP au CM2.
– La mobilisation
Les parents de Langevin découvrent effarés l’activité de leurs enfants à l’école : manipulation d’armes (matraques, pistolets…), menottage et entraînement au placage ventral, courses poursuites affublés d’un gilet pare-balle… Une conception plutôt étrange de la citoyenneté. Un premier courrier est envoyé à Mme Filhol, l’adjointe à la « prévention », qui nie en bloc, une posture qui jusqu’au bout sera maintenue, en dépit de l’évidence.
Les parents des autres écoles concernées sont contactés, et la lutte se mènera désormais collectivement.
Au long de la mobilisation, ils élargiront le front aux enseignants (motions de conseils d’école, interpellation de l’IEN...), qui de leur côté avaient la sensation de s’être fait manipuler, et populariseront auprès des parents de leurs écoles, unanimement choqués, leurs découvertes. Ils découvrent Bruno Pommart, le président de l’association partenaire de la Ville, pour qui mieux vaut le RN que LFI, et qui organise des cagnottes pour les policiers accusés de violence.
Les élus maintiendront leur mépris, allant jusqu’à affirmer au Parisien, le lendemain de l’annonce de l’annulation du dispositif dans les écoles, qu’il serait en fait maintenu sous une autre version.
– Une victoire : Les parents et les enseignants font bloc, des motions de conseil d’école sont votées, les médias couvrent, l’Education nationale finit par reconnaître une « erreur d’appréciation » et se désengage… Les élus jusqu’au bout auront défendu Prox’aventure et auront essayé de dénigrer les parents.
– Sur le site Parents de Saint-Denis, une histoire de la lutte
– Sur le Blog de Saint-Denis : Prox’aventure la citoyenneté à coups de matraque



