6 ans d’Hanotin… printemps 2023 : On garde nos anim !

, par Jacques

État des lieux de 6 ans de luttes des parents de Saint-Denis. L’année 2022-2023 a vu plusieurs offensives contre les accueils de loisirs (ADL). Elle a commencé avec la diminution des taux d’encadrement et le regroupement des centres, et s’achève avec la mobilité forcée des équipes.

6 ans d’Hanotin :
 printemps 2020, le temps des promesses
 automne 2020 : on veut nos cantines
 automne 2023 : Prox’aventure
 janvier 2023 : les parents ne sont pas un danger pour les enfants

- Le contexte
À la rentrée 2022, le nouveau PEDT [1] diminue les taux d’encadrement, dans un cadre d’économies annoncées dans le rapport d’orientation budgétaire, qui promeut dans la même logique le regroupement des centres. Même avec cette diminution drastique des taux d’encadrement (la ville est désormais au minimum légal… tout en vantant une politique volontariste), la Ville ne parvient pas à respecter ses engagements. Les taux effectifs explosent. Le management qui s’est mis en place est souvent perçu comme brutal par les agents, facteur de souffrance au travail.
Certains ADL sont en difficulté, aggravée par la précarité de nombreux animateurs et le manque de formation. Mais beaucoup parviennent à compenser ces difficultés grâce à des équipes stables développant des projets sur la durée, repères essentiels pour les enfants au cours de leur scolarité.

- La décision des élus
Les tensions montent chez les personnels, aussi les élus choisissent de casser les collectifs de travail en contraignant les agents à la mobilité. Face à l’opposition des parents, des agents et de leurs syndicats, un argument étonnant est avancé : il faut étoffer les centres qui ne fonctionnent pas. Ce qui semble revenir à casser ce qui marche pour améliorer ce qui ne fonctionne pas.

- La mobilisation
Au printemps 2023, les personnels se mobilisent et les parents apprennent grâce à eux que leurs équipes d’animation seront dynamitées à la rentrée. Des projets de longue haleine portés par des équipes disparaîtront (jardins pédagogiques…), les adultes que les enfants connaissent pour certains depuis la petite section seront dispersés dans d’autres centres. Au cours du printemps, de nombreux courriers, des pétitions, certaines réalisées par les enfants, sont envoyés à la mairie. La plupart n’auront pas de réponse. Dans le meilleur des cas, une fin de non-recevoir, avec des propos complètement décalés par rapport à la réalité, qui laissent les parents très amers. Et toujours le mantra : « triplement du budget travaux », « cantine gratuite », et les quelques « cours végétalisées », comme à chaque fois qu’une contestation émerge - des avancées auxquelles les parents croient encore à cette époque, mais qui apparaîtront les années suivantes sous un un éclairage moins favorable.
Finalement, le 19 juin, ce sont les représentants de parents d’élèves de 32 écoles qui lui adressent un courrier collectif. Il n’aura jamais de réponse.
En parallèle, un courrier de menace est envoyé aux directions d’ADL en vue des conseils d’école.

- C’est une défaite. Jamais les parents ne réussiront à endiguer la dégradation des conditions d’accueil de leurs enfant dans les accueils de loisirs. Pire, se profile pour après les élections une nouvelle offensive au prétexte de l’harmonisation avec Pierrefitte (tarifs, réservation-pénalisation des ADL, fermeture plus tôt…). Ces évolutions sont finalement repoussées après les élections municipales devant la levée de bouclier des parents, même si certaines sont cependant actées en conseil municipal (réservation-pénalisation des ADL le 3/04/2025). Seule modeste victoire, celle de l’automne 2024, avec les agents… à suivre...

Notes

[1Plan éducatif territorial