6 ans d’Hanotin... hiver 24-25, on gèle dans les écoles !

, par Jacques

État des lieux de 6 ans de luttes des parents de Saint-Denis. En janvier 2025, après des mois voire des années d’écoles sans chauffage, la situation devient explosive avec 19 groupes scolaires touchés.

6 ans d’Hanotin :
 printemps 2020, le temps des promesses
 automne 2020 : on veut nos cantines
 automne 2023 : Prox’aventure
 janvier 2023 : les parents ne sont pas un danger pour les enfants
 printemps 2023 : On garde nos anims !
 depuis 2021 : Non à la privatisation du ménage
 novembre 2024 : Opération Stop sandwich

 Le contexte

La crise du chauffage de l’hiver 2024-2025 est directement liée à l’incapacité de la Ville à assurer l’entretien des écoles. C’est pourtant un des mantras de Mme Temel à chaque critique « triplement du budget des travaux ». Le résultat est catastrophique, comme l’a détaillé le Blog récemment.
Concernant le chauffage, de nombreux indices indiquent que la désorganisation des services de la Ville [1], les délais excessifs pour régler les entreprises partenaires en particulier, serait une des raisons expliquant l’incapacité à procéder à des réparations bénignes. Pour les désordres plus graves, nécessitant des travaux importants sur les réseaux de chauffage, Mme Temel va jusqu’à avouer au Parisien son incapacité à assurer l’entretien des écoles et encore plus les travaux de rénovation auxquels sa majorité s’était engagée en 2020 pour se faire élire.
Comment est-il possible, si comme elle le dit, le budget entretien a triplé, que la Ville puisse faire moins avec plus ? Et pourquoi dans ce cas ne pas adapter le budget aux besoins ? (La situation de la maternelle du Rouillon depuis la rentrée 2024 en est une illustration terrible.)

 La décision des élus

Depuis des années, les élus temporisent. Car le dysfonctionnement du chauffage remonte dans certaines cas à plusieurs années. Les services répondent aux courriers envoyés par les parents sans aucun suivi des dossiers. Un premier courrier peut recevoir une réponse « nous nous en occupons », le deuxième quelques mois plus tard « nous n’étions pas au courant », et pas de réponse au troisième l’année suivante… Dans l’ordre ou dans le désordre… Quant aux élus, lorsqu’ils sont présents au conseil d’école, ils assurent qu’ils font remonter, mais là non plus, sans aucun effet sur le chauffage.
Dans le meilleur des cas, un radiateur électrique est mis à disposition après des mois de réclamation. Cette solution provisoire tend parfois à s’installer dans la durée. Avec une efficacité très limitée, en raison du sous-dimensionnement de la puissance du radiateur par rapport aux volumes à chauffer, au fait qu’ils sont branchés au début de la journée et prennent la matinée à faire monter la température de quelques degrés, et qu’ils ont la fâcheuse tendance à faire sauter les plombs, les réseaux électriques des écoles n’étant pas prévus pour de telles charges, ce qui soulève également des questions de sécurité incendie.

 La mobilisation

Le 13 janvier 2025, un communiqué est envoyé par 6 groupes scolaires, qui seront ultérieurement rejoints par d’autres. Ce sont 19 écoles qui sont concernées, comme Mme Temel l’avouera à la presse. Car la presse s’empare rapidement de cette situation peu ordinaire. Les parents sont très rapidement reçus et des engagements pris pour remettre en route le chauffage au plus tard lors des vacances d’avril (pour les travaux les plus lourds), de fournir des radiateurs électriques en renforçant les réseaux électriques si besoin en attendant les travaux, et de rencontrer les parents dans chaque école concernée pour faire un point.

 C’est une victoire.

Certes, les travaux prendront plus de temps que prévu (finalisés l’été pour les plus lourds), il n’y aura pas de rencontre école par école comme promis, nous apprendrons que dans plusieurs cas il s’agissait de problèmes bénins qui traînaient depuis des années et ont été réparés en une journée, quelques situations n’auront toujours pas été réglées l’hiver suivant, et au final des milliers d’enfants auront passé l’hiver entier sans chauffage, ce qui n’est pas banal...
Mais cette mobilisation aura permis d’anticiper sur la saison 25-26 avec la mise en place d’un audit du chauffage durant l’été qui semble avoir porté ses fruits (pourquoi ce n’était pas fait les années précédentes ? Pourquoi faut-il une mobilisation pour simplement avoir du chauffage dans les classes, comme le soulignent les parents de Hugo-Balzac ?).
La mobilisation aura également permis d’obtenir en mai 2025 la présentation d’un plan pluriannuel de travaux, promis durant la campagne municipale 2020 mais jamais mis en place. Un plan qui permettra de constater la faiblesse des réalisations durant ces dernières années (voir l’article du Blog Entretien des écoles, le naufrage des promesses), et le report des gros travaux en attente depuis de années à… après les élections 2026 ! Beaucoup reste à faire...

Notes

[1conséquence d’un management brutal entraînant de nombreux départs